CASIM - Un nouvel aide-moniteur

J'ai fait mes premiers pas en tant qu'aide-moniteur à la CASIM77. Mon point de vue.

Publié le 7 octobre 2013, catégorie moto
Tags: casim, moto, securite

La CASIM

La CASIM (Chaîne de Solidarité pour la Sécurité et l’Information du Motard), est une association dont l’objectif est de lutter contre l’accidentologie et la mortalité motarde, en proposant des stages de formation continue. Ce que j’aime dans cette association, c’est que le discours n’est pas moralisateur, très loin du stéréotype « le motard roule trop vite », et est véritablement axé sur le perfectionnement et la responsabilisation du pilote.

Au programme cette année :

L’activité se décompose en un CPM (Cours de Perfectionnement Moto) par mois, et une balade par mois. Le tout (soit une dizaine de cours et une dizaine de balades dans l’année) pour 60 €/an. Autant dire que dalle.

Les cours sont donnés par des moniteurs de l’association, ou des bénévoles titulaires du BEPECASER (donc moniteur de moto-école), ou de la police nationale, gendarmerie, douanes… Autant dire que le niveau de formation est plutôt bon, et que malgré le prix modique, la formation n’est pas au rabais.

Le programme de formation se déroule sur deux années, chacune sanctionnée par un examen, appelé le VISA pour la Vie. On a donc deux niveaux, le VISA 1 et le VISA 2. Quand on a son VISA 2, on peut continuer à participer, mais cette fois-ci de l’autre côté de la barrière, en devenant aide-moniteur. Ce rôle consiste à assister les moniteurs pour encadrer les stagiaires et les former.

On peut également passer un examen supplémentaire, le CAMABC (Certificat d’Aptitude Moniteur-Animateur Bénévole de la Casim), pour devenir moniteur. Ce sera pour la fin de cette année pour moi, si tout va bien (encore faut-il en avoir le niveau !).

Le premier CPM de l’année

La matinée

Samedi dernier était le premier CPM de l’année. Traditionnellement, c’est une journée avec du monde : 52 personnes l’année dernière. Mais comme cette année nous sommes nombreux côté moniteurs et aide-moniteurs, nous avons décidé d’élargir un peu le nombre d’adhérents. Du coup, nous ne sommes pas loin de 70 personnes !

Au programme de la journée :

Comme cette année je suis aide-moniteur, il m’a bien fallu donner quelques coups de mains. Je suis ainsi préposé au parking. Je dois accueillir tout le monde, vérifier qu’ils se garent bien correctement (tous bien parallèles, bien alignées, dans le même sens), et pas en vrac comme un tas. Nous ne faisons pas ça parce que nous aimons l’ordre militaire, mais simplement parce que garer plus d’une cinquantaine de motos, de manière efficace n’est pas si évident.

Nous tenons beaucoup à l’image que nous projetons. Et pour un quidam moyen, voir 50 motos garées n’importe comment, dans tous les sens, en s’étalant, en mordant sur le trottoir, ne donne pas la même impression que cinquantes motos garées en deux rangs, bien rangées, dans le même sens, sur les places de parkings à disposition.

Parking moto

Dans le premier cas, on a affaire à une meute de motards assoiffés de pucelles, dans l’autre un groupe de motards civilisés. Comme quoi, l’image tient à peu de choses.

La matinée s’est ensuite déroulée au rythme des slides de notre bien aimé président de la CASIM 77, au cours d’un petit déjeuner.

Présentation CASIM

Puis direction les motos. J’ai la joie d’emmener un groupe d’une dizaine de stagiaires vers notre piste d’entrainement. Premier hic : je ne connais pas le chemin. Pas grave, on va improviser. Le plus facile est de reprendre l’autoroute, même si ça double ou triple le nombre de kilomètres…

Arrivés à destination, nous formons plusieurs groupes. Avec l’aide d’un moniteur nous expliquons les bases de la position en moto, les points d’appuis, l’équilibre, comment manipuler la moto sans l’aide du moteur, le béquillage… Toute une foule de choses qui paraissent évidentes, mais qu’on ne sait pas forcément. Plutôt à l’aise sur cette partie, il faut dire que ce sont des choses que je connais bien.

Et c’est déjà midi, pause déjeuner.

L’après-midi

L’après-midi on va faire deux groupes : pendant que l’un bosse la maniabilité, l’autre va s’initier au roulage en groupe. Ensuite on intervertira les groupes.

Normalement, je m’occupe de la maniabilité. Le gros avantage d’être sur le plateau mania, est qu’on est à pied, et donc qu’on peut fumer tranquille. J’en profiterais donc pour ajouter un peu de difficulté à nos candidats stagiaires en ajoutant un peu de fumigènes, en allumant un Bolivar Belicoso Fino des familles. Bon, évidemment, on se fout de ma tronche, mais bon, c’est le jeu ma pôv’ Lucette !

La maniabilité

Pour commencer, faisons sentir les points d’appuis à nos stagiaires. On a expliqué la théorie le matin, passons à la pratique. On va simplement faire des tours de piste. Mais pour corser un peu le jeu, on va enlever progressivement quelques points d’appuis pour voir ce que ça donne. D’abord enlever une main. Puis lever les pieds. Ensuite se mettre à genoux sur la selle. Se mettre sur un pied. En amazone. etc.

Là, mon rôle consiste simplement à montrer aux stagiaires la position à adopter, mais en statique, sur ma moto (à l’arrêt donc). Comme c’est trop facile je le fais cigare au bec.

La chose positive est que tout le monde joue le jeu. Certains n’osent pas vraiment, lachent la position pour faire demi-tour, mais grosso-modo tout le monde au moins a essayé.

Ensuite, nous ferons une course de lenteur pour apprendre à nos stagiaires à maîtriser le point de patinage de l’embrayage. C’est là que les choses difficiles commencent, à la fois pour les stagiaires, mais également pour moi. Parce que c’est bien beau d’expliquer les choses, mais corriger les erreurs des stagiaires est une autre paire de manche. Déjà il faut détecter ce qui ne va pas, leur expliquer, les corriger, mais également le faire dans la bonne humeur, sans se montrer trop négatif. Hé, le but du jeu n’est pas de les décourager nos sémillants stagiaires !

Ensuite nous allons mettre en places quelques exercices de maniabilité. Les exercices sont assez simple : tourner autour dans un carré de 6,5 m de côté, ou faire des 8 autour de quatre cones (et la route faisant 6,5 m, on a toujours cette contrainte). Ou encore un petit slalom lent. Les objectifs sont donc d’appliquer le point de patinage, bien placer ses appuis, mais en plus en braquant son guidon. On fera plus compliqué au cours de l’année.

Bon, là, on rigole plus. Je rappelle que je suis une truffe en maniabilité. J’ai eu respectivement 0 et 0 à mon visa 1 et 2. Là, trouver quels sont les problèmes, et expliquer pourquoi les gens n’y arrivent pas est une autre paire de manches ! Bon, gros avantage, je sais pourquoi moi je n’y arrive pas, et finalement, les stagiaires font à peu près les mêmes erreurs que moi. La seule différence est qu’eux arrivent à surmonter leurs appréhensions, leurs blocages, et finalement y arrivent très bien, moi pas. Bon, c’est pas grave, va juste falloir continuer à s’entrainer.

La conduite en groupe

Il est temps de permuter les groupes. Mais il manque un fermeur pour l’apprentissage du roulage en groupe. Je m’y colle.

La conduite en groupe va commencer par un petit topo théorique : le roulage en quinconce (avec démonstration pratique avec une file de moto pour montrer en quoi c’est utile), les distances de sécurité, les signaux qu’on se transmet, les trajectoires à adopter, les rôles de chacun (ouvreur, fermeur), etc. Là, c’est Raymond qui s’y colle, je n’ai qu’à écouter.

Roulage en groupe

Et puis c’est pas tout ça, mais on est là pour rouler ! On fera ainsi quelques passages pour montrer le rôle de l’ouvreur (stabiliser le régime général pour ne perdre personne en cours de route), corriger le positionnement de chacun à la fois dans le groupe, mais également la position sur la moto, etc.

Comme je suis fermeur, et donc le dernier de la file, je suis le mieux placé pour voir ce qui cloche. Et donc la responsabilité du topo, et du retour sur les performances de chacun m’est dévolu. Là encore, ce n’est pas si facile. Voir qu’un membre du groupe forme une cassure dans le groupe est une chose, lui expliquer en quoi il casse la dynamique du groupe et comment corriger ça est une autre paire de manches… Mais bon, j’ai l’impression de m’en tirer pas si mal puisque sur la seconde partie du parcours, finalement, tout va un petit peu mieux…

Conclusion

Ben finalement, aide-moniteur, n’est pas aussi facile que prévu. Détecter les erreurs, les problèmes de position, le regard mal placé, le tout en dynamique, n’est vraiment pas aussi facile que je le croyais. Il m’est arrivé de corriger quelques stagiaires, et m’apercevoir que simplement déplacer le pied sur le cale-pied permettait de bloquer correctement les genoux, ainsi tenir mieux sur la moto, permettant de soulager les bras (ben oui, quand on bringuebale sur la moto, on s’aggripe avec les mains, quand on est fermement posé en maintenant la moto avec les genoux, on n’a plus besoin de crisper les bras pour se tenir), libérant ainsi les épaules. Les épaules étant relachées, on peu mieux tourner la tête, le casque ne venant plus taper contre les épaules. Du coup le regard est mieux positionné, on anticipe mieux, le parcours est plus fluide, etc…

C’est plein de petites choses, assez subtiles finalement, qu’il vaut surveiller. Bon, les erreurs sont généralement toujours les mêmes : la position des pieds, serrer les genoux, placer le regard, arrêter de vouloir réguler la vitesse avec l’accélérateur mais plutôt en jouant sur le patinage de l’embrayage, mettre du gaz… Encore faut-il savoir détecter tout ça !

Et c’est la fin d’une journée bien remplie. Prochaine étape : un CPM freinage et roulage en groupe. J’ai hâte !

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